Contributions à la réflexion "Envie de vie , telle est notre envie"

Pour retrouver le texte de base et contribuer  : https://www.pratiquesensante.org/envie-de-vie-telle-est-notre-envie/

 

11 - Coordinateur santé "La gestion de la crise, inédite dans le monde a montré les failles béantes qui existaient déjà dans les aspects de la société que personne ne voulait voir. En fait le covid n’a rien fait émerger, c’est le confinement qui a entrainé un repli historique des institutions sur elles-mêmes et les populations précaires se sont retrouvées livrées à elles-mêmes. Pendant une semaine à dix jours, impossible de joindre qui que ce soit ; assistantes sociales, psychiatrie, tuteurs, bailleurs etc… Tous étaient injoignables. Dans certaines situations des personnes se sont retrouvées sans pouvoir se procurer à manger. Il ne faut surtout pas oublier que la théorie du confinement a été modélisée en Chine, dictature assumée par ses dirigeants. Les institutions se sont recroquevillées sur elles-mêmes au cours de cet épisode. Elles n’en sont qu’aux prémices de leur ré-organisation et s’érigent en forteresse avec crainte de l’autre, perdues entre la lutte contre le covid, la crainte des retours négatifs de ses employés (droit de retrait, justice...)Elles s’imposent des contraintes uniquement tenables en rognant sur leurs missions de l’avant covid et pour se les payer vont devoir trancher dans leurs budgets, donc leurs personnels. Déjà amoindries par ses employés éloignés de leur emploi (confinés, personne à risque, personne en garde enfant etc…), ses règles de fonctionnement vont écarter une grande partie de leur public.
Alors « les précaires » n’ont pas changé. Ces personnes vont juste devenir les victimes collatérales, et devoir suivre et réapprendre d’autres codes que ceux qu’on leur inculquait jusque là, au gré de ce qui nous attend. L’OCDE note que la politique de prévention a été un des parents pauvres de la politique de santé en France. La coordination des soins entre les différents acteurs du système de santé  permettrait d’éviter des hospitalisations est encore balbutiante. Malheureusement, la tendance serait une fois de plus à un renforcement de la prédominance des hôpitaux. L'accès à la santé devrait passer par un renforcement des partenariats entre professionnels de première ligne, assistantes sociales, bailleurs, élus de terrain et les professionnels du soin: formations communes, échanges de pratiques sans jugements de valeur etc..."

10 - Retraité Cadre de santé de la Fonction Publique : "Penser l'avenir c'est panser et penser à tous les  enfants. Le confinement pour certains  a été source d'inquiétude en entendant parler de leur implication dans la transmission du virus "les enfants sont le vecteur sain" , le nombre de morts..... quelle culpabilité, se sentir responsable de la mort d'autrui. Souvent, ils ont  géré en silence  leur anxiété et celle de leurs parents. Le confinement pour d'autres a été la maltraitante physique et psychologique. La rentrée scolaire 2020-2021 devrait laisser une place importante à la médecine préventive scolaire qui depuis des années est absente.
L'école un lieu convivial, sécurisant, permettant l'ouverture d'esprit ; un lieu de dépistage précoce  d'enfants présentant des troubles qu'ils soient biologiques, psychologiques ou sociaux.
1)- Permettre à l'enfant d'exprimer son vécu
2)- Identifier les enfants à risques ou présentant des troubles psychologiques
3)- Garantir aux enfants une hygiène de vie : sommeil, nutrition....  (éducation sur le temps scolaire, tables rondes avec les parents)
4)- Apprendre à l'enfant à avoir du discernement
La médecine scolaire est un enjeu important pour garantir  le bien-être des enfants et la santé des adultes de demain."

09 - Médecin, CODES 06  : "Pandémie révélatrice de nos faiblesses, pandémie aiguillon de nos renaissances?
Et si le confinement était un modèle de nos recommandations (de promotion de la santé), dont l'écho peine à atteindre nos décideurs, l'oeil rivé sur leurs ré-élections? Et si dans la société de demain on mettait en place une consommation modérée, un relationnel florissant, plus de culturel et de spirituel? Et si on valorisait ces métiers sans lesquels rien n'existe, ces regards et ces échanges qui sont le sel de la vie? Et si on se rendait compte enfin de notre vie à crédit grâce aux énergies polluantes? Et si on arrêtait de se plaindre au lieu de se bouger ? Et si on déclarait l'esprit critique grande cause nationale pour les 10 ans à venir ? "

08 - Senior, retraité (depuis  longtemps)  du monde de l'éducation pour la santé : "le covid19 est vraiment un janus. sa face sombre : on la connait tous : la peur de la contagion qui peut devenir la peur de l'autre, les risques du tout sécuritaire, l'effacement de l'idée de promotion de la santé derrière le primat du soin, le risque du "biopouvoir" mais ...

on a jamais autant parlé de santé publique, d'épidémiologie, de dimensions collectives le confinement a aussi mis en avant les inégalités de conditions de vie la relativité des connaissances scientifiques à travers les contradictions entre  spécialistes le primat du sanitaire sur l'économique dans les décisions politiques le retour de l'état comme soutien socio économique majeur l'importance  en creux du lien social toutes les réflexions sur le temps d'après  donc, soyons optimistes!"

07 - Plateforme d'inclusion territoriale : Je pense qu'il est indispensable de resserrer les liens plus que jamais de ces secteurs qui doivent s'ouvrir les uns vers les autres. Apprendre à se connaitre pour apprendre à travailler ensemble. La coordination, de nouvelles approches de soins , le réseautage , le travail ambulatoire et surtout beaucoup d'ouverture d'esprit sont des clés de coopération.  Nous devons pouvoir développer des pratiques hors les murs et faciliter le "aller vers " les usagers, patients,clients. L'humanitude , la psychologie positive et la place des neurosciences sont autant de pratique pour un travail cohérent et une meilleure santé au travail. Donner des moyens humains et des compétences pluridisciplinaires, un accompagnement vers l'empowerment individuel seront des facilitateurs d'adhésion aux programmes de soins . Arrêtons d'infantiliser les professionnels , les personnes soignées comme accompagnées.

06 - Chargé de projet "Cartographie des ressources" au Centre national de ressources et de résilience  : "Cette "envie de vie" résonne avec une récente tribune publiée par Libération (initiée avec mon ami philosophe Michel Lepesant et amendée par des signataires plus ou moins inconnu.e.s) : http://ladecroissance.xyz/2020/04/10/confinement-en-demi-resonance-avec-notre-decroissance/  - 

Nous y écrivions : "La mort – qui est la limite de toute vie – fait peur. Surtout en régime politique de croissance prétendument infinie, croissance qui peut être interprétée comme l’organisation sociale du déni de la mort. La mort peut faire peur, et une mauvaise peur est toujours bonne à prendre pour tout pouvoir qui veut se conserver [...]."
Nous ajoutions "{...], socialement, notre attention à l’autre et notre souci de l’autre nous obligent à dénoncer sans concession le côté obscur de ce confinement. Force est de constater que la pandémie va surtout atteindre les démunis, les appauvris par le système économique. Et surtout l’indécence des ultra-riches, certes confinée, n’a pas disparu. Aucun miracle de la part des gouvernements. Pas (encore ?) question de siphonner les richesses des enrichis (par des prélèvements exceptionnels sur les patrimoines et les revenus comme en temps d’après-guerre) pour assurer le partage et le bien-vivre de toutes et tous dans une société socialement décente. La décroissance des inégalités ce n’est pas encore maintenant."
Il s'avère qu'il y a des points communs entre cette philosophie politique de la décroissance et la promotion de la santé :
- un certain Ivan Illich, - la volonté de faire décroitre les inégalités sociales, - une bonne politique s'inscrit assurément le cadre de l'écologie."

05 - Patient Expert"Je trouve le questionnement pertinent et intéressant. Il me semble évident que cette crise a su démontrer que c’est la conjonction de toutes les bonnes volontés, mobilisations, engagements, solidarités … qui a aidé le pays à faire face à ce coronavirus. Et ce n’est pas fini, il sera donc utile, le temps venu, de tirer les enseignements et d’agir en conséquence. Je comprends donc la nécessité de prendre un temps de réflexion pour « digérer » ce qu’il se(s’est)passe(é). Toutefois, je pense aussi que nous avons trop souvent tendance à attendre que les choses se fassent, se débloquent, que ce soit le bon moment et au final à ne pas engager des actions qui auraient pu être très utiles voire nécessaires.
Or c’est dans l’action que l’on avance concrètement. Ainsi, n’est-il pas intéressant de réfléchir d’ores et déjà, en avance de phase, à des programmes qui répondent à des besoins plus généraux tels que : contribuer au développement du sens critique des français en termes de littératie, accentuer l’autonomie des patients (ce qu’ils peuvent faire par eux-même, l’identification de situations critiques …), renforcer les complémentarités entre les différents acteurs de santé (médicaux, paramédicaux, associations, autres..)?
Quelle que soit la situation de crise ou le contexte rencontré ils ne pourraient qu’améliorer la promotion de la santé."

IGAS retraité : "Le document soulève deux questions qu’il conviendrait, me semble-t-il, de mieux distinguer : 1) est-il normal/souhaitable que la gravité de la covid-19 se traduise par une telle abondance d’informations, reléguant à la portion congrue (voire à l’inexistence) les autres problématiques ; 2) ne pourrait/devrait-on pas remplacer la vision « plutôt inquiétante, pessimiste » par « des projets plus dynamiques, plus tournés vers l’avenir ». Le fait de distinguer les deux questions m’aide à formuler un avis tout personnel sur chacune… En réponse à la première question, il peut en effet paraître urgent de faire une place plus grande à ce qui ne relève pas directement de la covid-19 ; et ce à la fois dans le champ strict du soin (où l’on s’inquiète de la moindre venue à l’hôpital, au plus fort de la pandémie, des autres pathologies : AVC, pathologies cardiaques, etc., phénomène qu’il faudrait mieux documenter) et plus largement dans la sphère englobante de la santé publique (comme le suggère le document). Sur la seconde question, l’idée proposée est naturellement très séduisante mais appelle peut-être un bémol : d’une part, un temps de « digestion » de ce qui se passe présentement est vraisemblablement nécessaire avant que les acteurs (et aussi la population générale) trouvent la capacité d’entrer dans « des projets plus dynamiques, plus tournés vers l’avenir » ; d’autre part, pour porter des fruits à long terme, de tels projets ne devraient pas être conçus hâtivement dans une sorte d’euphorie post-pandémique mais préparés de manière réfléchie, coordonnée et concertée, ce qui impose d’ajouter à l’inventivité une (petite) dose de patience, les deux n’étant pas incompatibles."

Retraité actif  : "la découverte de la COVID-19 a révélé, et confirmé, les cloisons entre les différents acteurs du système de santé. La santé est du domaine du psycho médico social. 
La santé Publique est un concept horizontal qui supprime les organisations figées sur leurs intérêts personnels. Il faut revisiter les concepts. L'enjeu est à ce niveau."

Musée de la santé en Lorraine : "Merci de cette réflexion salutaire, que je partage largement. On en fait trop, on en dit trop, indiscutablement...

Mais dans cette avalanche incessante d'informations et d'initiatives, il y a des perles à trouver et à valoriser.
Je suis admiratif de la créativité dont font part des personnes toutes simples, des équipes de petites ou moyennes  entreprises, des professeurs des écoles, des associations...
Ces perles sont noyées dans un fatras d'excès (ah!, les masques!), sachons prendre ce qu'il y a, ce qu'il y aura, de bien, de simple, de nouveau, d'humoristique, pourquoi pas? dans cet après Covid-19."

Quand le masque tombre... La crise de la pandémie du CODID-19 dans l'aggravation des inégalités sociales de la santé 

https://observatoiresante.hainaut.be/produit/covid-19-et-inegalites-sociales-de-sante/

Cette synthèse de la littérature cherche à décrire la façon dont la crise sanitaire révèle et accentue les inégalités sociales de santé. L’analyse de la gestion de cette crise illustre quant à elle, les limites d’un système centré sur une approche comportementaliste des inégalités sociales de santé. La notion de responsabilité y est centrale et pourtant problématique. Comment envisager des pistes d’actions qui puissent agir sur la réduction du gradient social de santé afin de protéger aussi les plus vulnérables ?

Pour contacter l'auteur et réagir  : claude.renard@hainaut.be et une copie si possible à contact@pratiquesensante.org